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L’innovation ouverte, un autre support à la croissance des entreprises

December 3rd, 2009

Dans un marché où la concurrence est mondiale et où les coûts de R&D sont très élevés, l’innovation est devenue l’un des principaux moteurs de croissance. Les seules ressources internes ne suffisent plus et les entreprises sont contraintes d’évoluer vers de nouvelles façons d’innover. Afin de réussir ce défi, l’innovation ouverte, de par ses avantages, semble être une bonne opportunité. Pour une entreprise, cette démarche passe par la collaboration avec des partenaires externes. Les clients et les fournisseurs sont souvent sollicités; en plus des universités, des laboratoires de recherche, des start-up, etc. Il peut s’agir d’un partenariat de recherche, d’une acquisition de licences de brevets, d’un investissement en capital risque ou d’une prise de contrôle de start-up.
Cette nouvelle forme d’innovation fait donc de l’ouverture une réponse stratégique aux contraintes liées aux processus d’innovation. On assiste peut-être à l’avènement d’une nouvelle ère où les activités de R&D seront majoritairement internationalisées, externalisées et démocratisées.

La pratique de l’innovation ouverte par les entreprises françaises est assez récente, et même s’il n’existe pas de statistiques précises, il paraît que peu d’entreprises y ont recours. De plus, la propension des collaborations entre le privé et la recherche publique reste faible ; et contrairement aux Etats-Unis qui ont engagé des collaborations avec certains pays émergents, les réseaux français d’innovation ouverte restent orientés vers l’Europe.

L’innovation ouverte représente une réelle source d’intérêt. Grâce à la connexion avec des ressources externes, les entreprises ont accès à un plus large éventail de connaissances et d’idées. Les collaborations avec les acteurs du marchés permet de réduire les coûts et d’accélérer le processus d’innovation. C’est aussi un moyen pour optimiser les capacités internes de R&D et pour les rentabiliser. L’ouverture apporte aussi une meilleure connaissance du marché avec la possibilité d’anticiper les tendances et les besoins futurs, d’où des innovations de rupture plus rapidement détectées.

Ce concept a donnée naissance à de nouveaux acteurs sur le marché, telles que des agences spécialisées qui cherchent les technologies de rupture au sein des réseaux d’experts ou d’étudiants partageant leurs idées contre une rémunération. D’autres entreprises confient la prospection à des éclaireurs ou « technomarketeurs », comme chez Saint-Gobain. Le brainstorming qui consiste à faire participer les collaborateurs internes pour trouver de nouvelles idées est un autre exercice auquel se donnent les entreprises. C’est ce que fait IBM, avec un brainstorming organisé tous les 2 ans et qui rassemble près de 75000 collaborateurs.

L’externalisation de la R&D varie en fonction du secteur d’activité et de la taille des entreprises. Ce sont les grands groupes et le secteur des hautes technologies qui sont les plus concernés. P&G qui est considéré comme le champion de l’innovation ouverte, a mis en place un nouveau processus d’innovation appelé « Connect & Develop » au lieu de R&D. En 2002, 50% des innovations étaient d’origine externe. Bombardier Transport a lancé un concours « YouRail : vision du transport moderne » sur le web pour la création d’aménagements intérieurs innovants pour les trains. Le projet fait appel à la créativité des voyageurs afin qu’ils expriment leur vision des intérieurs des trains du futur. Chez Microsoft, 80% de la technologie utilisée provient de l’extérieur de l’entreprise. L’iPod d’Apple n’est pas une invention interne non plus. Il s’agit plutôt de l’intégration de plusieurs technologies existantes.
Quelle que soit la méthode utilisée l’innovation ouverte nécessite une transparence particulière, mais rares sont les entreprises qui révèlent leurs résultats. Pourtant, la communication des entreprises sur leurs objectifs et leur retour sur investissement serait un moyen efficace pour démontrer l’efficacité d’une telle démarche.

Le scepticisme de certaines entreprises qui refusent d’intégrer l’innovation ouverte dans leur stratégie peut être d’origine culturel. Mais les arguments avancés expriment davantage des craintes au niveau de la sécurité et de la protection de leurs technologies. D’ailleurs, la propriété intellectuelle reste l’un des freins essentiels à la propagation de ce concept.
Cette vision protectionniste peut se comprendre car les limites et les réels bénéficiaires de l’innovation ouverte restent difficile à identifier. Cependant, il ne faut pas oublier que le recours à des ressources externes et la collaborations avec les autres acteurs du marché interviennent principalement pour compléter les ressources internes et pour alléger le processus d’innovation.

Kenza GASSIB

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L’intelligence économique au coeur de nos actions stratégiques

November 2nd, 2009

Face à un environnement international instable, aux changements rapides et brutaux que vivent les entreprises, et dans un contexte dominé par l’économie de la connaissance et du savoir, il devient primordial pour les entreprises de penser intelligence économique en amont et lors des différentes actions stratégiques menées.

L’intelligence économique est définie comme étant la maîtrise et la protection de l’information stratégique utile pour tous les décideurs, le porteur de projet, le chef d’entreprise, le politique…
De manière opérationnelle, l’intelligence économique repose sur trois fondements de base :
- la veille stratégique, qui va fournir au décideur de l’information pertinente (sur son environnement scientifique, technique, technologique…) afin de l’aider dans sa prise de décision
- l’influence, pour propager une information auprès des acteurs clés de son environnement
- la protection de son patrimoine intellectuel et industriel.

Deux possibilités s’offrent ainsi aux entreprises pour élaborer une démarche d’intelligence économique. L’intelligence économique peut être considérée en interne comme un élément de base à une culture de changement au sein de l’organisation. Cette stratégie est difficile à mettre en oeuvre car elle nécessite souvent un changement de mentalité, et l’acquisition par les dirigeants et l’ensemble du personnel d’une compétence supplémentaire (via des actions de formation) afin de maîtriser les outils et les méthodes de gestion de l’information stratégique. Les membres deviennent ainsi proactifs par rapport aux opportunités et menaces de leur environnement.

Autre possibilité : l’entreprise, faute de temps et de moyens en interne (humains, techniques) pour faire de l’intelligence économique, peut solliciter des experts du domaine, qui par leur esprit d’analyse, leur expérience, vont aider le chef d’entreprise à avoir une meilleure vision sur son environnement et sur les perspectives de développement de son marché et des marchés connexes, et ainsi lui permettre de mettre en place les actions les plus efficaces pour saisir au mieux les opportunités qui l’entourent.

Les PME peuvent d’ailleurs bénéficier d’aides publiques (exemple du dispositif PTR proposé par le RDT) lorsqu’elles font appel à un prestataire pour des actions ciblées d’intelligence économique dans le cadre d’un projet d’innovation.

Ali KARACOBAN

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Une autre innovation est possible

October 15th, 2009

En avril 2009, un rapport rédigé par l’ESCP Europe était remis à Christine Lagarde, intitulé : “Pour une nouvelle vision de l’innovation“. Rejetant les idées reçues sur l’innovation, principalement assimilée à la recherche et à l’innovation technologique, ce rapport proposait de mettre en place de nouveaux indicateurs destinés à évaluer la capacité d’un pays à innover, en adoptant une approche « transversale, large et volontariste ». Il s’agirait, par exemple, de considérer les formes multiples que revêt l’innovation, qui ne peut se réduire aux innovations technologiques et de rupture , ni être simplement mesurée par le nombre de brevets déposés. La première mesure du rapport proposait ainsi “l’élaboration d’un discours public sur l’innovation dans sa dimension élargie afin de faire évoluer les mentalités”.

En d’autres termes, il ne faudrait plus parler d’innovation, au singulier, mais des innovations ; c’est-à-dire prendre en compte tous les aspects et secteurs de la société susceptibles de faire preuve – ou de bénéficier – de projets innovants. En effet, la capacité d’innovation d’un pays fait référence à son aptitude à se renouveler, à se projeter ou se construire, voire à faire face à des situations de crise telles que nous les connaissons actuellement. Cette faculté ne saurait être limitée au seul domaine technologique.

Dans cette optique, le Gouvernement des Etats-Unis a mis en place un Conseil pour l’innovation sociale (White House Office of Social Innovation and Civic Participation), dans le but de répondre de manière innovante aux enjeux sociaux révélés notamment par la crise économique. Le Fonds pour l’innovation sociale ainsi créé, d’un montant de 50 M$, aura pour objectif de financer le développement rapide d’organisations à but non lucratif dont l’impact social est prometteur.

Si l’innovation sociale – ou sociétale – fait parfois office de concept fourre-tout, on peut cependant la définir comme celle qui place l’individu au centre des actions. Des organismes de développement local aux entrepreneurs sociaux, en passant par les mouvements philanthropiques, les acteurs de l’innovation sociale ont tous pour principe de se centrer sur l’humain, l’usager, le citoyen. Plusieurs initiatives existent, qui ont pour objectif de favoriser le développement d’actions et de programmes sociaux innovants, qu’ils s’agisse de réseaux sociaux ou de nouveaux modèles d’accompagnement des personnes âgées. L’organisation internationale Ashoka, par exemple, favorise et soutient financièrement l’entrepreneuriat social innovant, qui répond à des critères de créativité, de qualités entrepreneuriales, d’impact social et d’éthique. Cela passe par la mise en place de formations professionnelles pour les personnes handicapées, la valorisation des détritus dans les bidonvilles, l’accès facilité au crédit, etc.

Certaines collectivités sont également à l’origine de projets innovants sur le plan social. Ainsi le comté de Kent, au Royaume-Uni, a-t-il créé un laboratoire d’innovation sociale (Social Innovation Lab for Kent, SILK), dont l’objectif est de s’inspirer des expériences du secteur social et de celui de l’entreprise pour mettre en place un mode de fonctionnement centré sur le citoyen et favoriser un environnement de travail créatif et coopératif.

Enfin, une école telle que l’INSEAD a créé son propre Centre de recherche sur l’innovation sociale, définie comme « l’introduction de nouveaux modèles économiques et mécanismes de marché qui favorisent une prospérité durable d’un point de vue économique, environnemental et social ».

Loin de se limiter au secteur social, cette approche devrait pouvoir s’étendre à tous les secteurs d’activité, tant elle donne une autre dimension à l’innovation, qui n’est plus vécue simplement pour elle-même mais pour les objectifs qu’elle sert. En d’autres termes, elle permet de se poser les bonnes questions, à savoir : à quoi sert l’innovation et à qui est-elle destinée ? Apporte-elle une amélioration du quotidien ? Sert-elle des intérêts généraux ou privés ?

S’il est évident qu’on ne peut faire l’impasse de considérations économiques lorsqu’il s’agit d’innovation, prendre en compte ses dimensions humaine et sociale redonne un sens à l’action, en la libérant du carcan des objectifs chiffrés. La capacité d’un pays, ou d’une entreprise, à innover doit également se mesurer en termes de coopération, de solidarité et de créativité.

Meri Réale

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