Archive for November, 2009

Bio Art : quand l’art et la science se croisent

November 2nd, 2009

L’art et la biologie sont au premier abord deux disciplines difficilement interconnectables. Pourtant, de nombreux travaux tentent de mettre en exergue le lien entre ces deux domaines.
En effet, un courant d’art contemporain apparu dans les années 1980 prend de l’ampleur: le Bio Art. Son principe consiste à manipuler le vivant afin de créer des œuvres uniques ou hybrides: explorer le corps, cultiver des fleurs inédites, créer des animaux mutants, etc…

Le Bio Art utilise une ou plusieurs de ces approches :
- la biomatière est transformée en formes inertes ou est amenée à avoir des comportements spécifiques,
- les outils et les processus biotechnologiques sont utilisés de façons inhabituelles voire subversives,
- les organismes vivants sont inventés ou transformés avec ou sans intégrations sociales et environnementales.

La radicalité du Bio Art se révèle à travers l’utilisation des propriétés de la vie et de ses substances; le changement des organismes ainsi que l’invention de nouvelles caractéristiques de vie. Cela se traduit également par :
- le soutien aux stratégies évolutionnistes offrant des alternatives aux notions courantes de beauté ou de singularité (une rose bleu turquoise à pois rose avec des épines sur les feuilles ou un mammifère qui fait de la photosynthèse en sont des illustrations),
- la transformation de produits biologiques dérivés isolés ou inertes en des formes rares ou inédites (une cité nanoscopique construite à partir de molécules d’ADN et de protéines isolées par exemple),
- l’intervention dans le lignage d’organismes existants par des approches aléatoires ou avec des programmes rigoureux d’élevage et de reproduction.

Par ses travaux, le courant vise à brouiller les frontières entre ce qui est naturel et artificiel et à en finir avec la dualité entre la vie, la technique et l’art.

Parmi les oeuvres du Bio Art les plus connues: Alba, la lapine fluorescente transgénique. Elle a été créée en 2000 par l’artiste brésilien Eduardo Kac en collaboration avec l’INRIA. Sa particularité ? Un gène de méduse la rend verte fluorescente sous les UV.
Lorsque Kac parle du Bio Art, il le présente comme de l’art transgénique: « une forme artistique faisant appel au génie génétique en vue de créer des hybrides vivants uniques ». Son objectif ? Susciter le débat et la réflexion sur une nouvelle forme artistique, apparemment choquante.

Avant Kac, Oron Catts et Lonat Zurr, ont lancé en 1996 un projet appelé SymbioticA. Un laboratoire artistique rattaché à l’école d’Anatomie et de Biologie Humaine (Université de Western Australia à Perth), dédié à la recherche, à l’apprentissage et à la critique des sciences de la vie. C’est le premier laboratoire à permettre aux artistes d’engager des expériences en biologie.
Les partisans du mouvement visent la transversalité et encouragent la recherche interdisciplinaire afin d’aboutir à de nouvelles formes de connaissances. Ainsi, des cultures de tissus vivants sont utilisées comme matériau créatif. Les premiers travaux ont donné naissance à des mini-poupées en peau humaine prêtée par des laboratoires hospitaliers de greffes. Leur dernière création: des ailes en peau de cochon.

Le Bio Art, comme nous l’avons déjà vu, donne naissance à des créations des plus inattendues: la slovène Polona Tratnik cultive ses propres cellules de peau. Placées dans des aquariums et soumises à des conditions de température différentes, les visiteurs peuvent observer leur évolution (repos, multiplication, décomposition, mort.)
L’italienne Laura Cinti, quant à elle, a lancé en 2002, le Cactus Project, qui a donné naissance à des cactus dotés d’une chevelure humaine grâce à un transgène.

Toutefois, les critiques envers ce courant ne sont pas très flatteuses. Les artistes sont souvent jugés comme étant dérangeants, choquants, irresponsables, provocateurs et même immoraux. Pourtant, leurs travaux sont publiés aussi bien dans les pages culturelles que dans les revues scientifiques. De plus, leurs oeuvres suscitent un intérêt économique. À titre d’exemple, la société GloFish commercialise depuis quelques années le premier poisson-zèbre transgénique pour aquarium, résultat des travaux du Pr Zhiyuan Gong.

La nature et la particularité de ces oeuvres nous incitent à nous interroger sur la possibilité de définir clairement la frontière entre l’art et la science: où commence l’un et où s’arrête l’autre ? Et l’innovation ? Pouvons-nous juger ces travaux comme étant innovants? N’oublions, tout de même, pas que l’innovation n’est pas que technologique, et qu’il serait intéressant de motiver la fusion entre des disciplines souvent indépendantes et de son apport à la connaissance.

Pour plus d’informations :

- http://www.symbiotica.uwa.edu.au/welcome
- http://www.ekac.org/transgenicindex.html
- http://www.linternaute.com/science/art-et-science/bio-art/bio-art.shtml
- http://mutagenes.over-blog.net/article-6444729.html

Kenza GASSIB

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L’intelligence économique au coeur de nos actions stratégiques

November 2nd, 2009

Face à un environnement international instable, aux changements rapides et brutaux que vivent les entreprises, et dans un contexte dominé par l’économie de la connaissance et du savoir, il devient primordial pour les entreprises de penser intelligence économique en amont et lors des différentes actions stratégiques menées.

L’intelligence économique est définie comme étant la maîtrise et la protection de l’information stratégique utile pour tous les décideurs, le porteur de projet, le chef d’entreprise, le politique…
De manière opérationnelle, l’intelligence économique repose sur trois fondements de base :
- la veille stratégique, qui va fournir au décideur de l’information pertinente (sur son environnement scientifique, technique, technologique…) afin de l’aider dans sa prise de décision
- l’influence, pour propager une information auprès des acteurs clés de son environnement
- la protection de son patrimoine intellectuel et industriel.

Deux possibilités s’offrent ainsi aux entreprises pour élaborer une démarche d’intelligence économique. L’intelligence économique peut être considérée en interne comme un élément de base à une culture de changement au sein de l’organisation. Cette stratégie est difficile à mettre en oeuvre car elle nécessite souvent un changement de mentalité, et l’acquisition par les dirigeants et l’ensemble du personnel d’une compétence supplémentaire (via des actions de formation) afin de maîtriser les outils et les méthodes de gestion de l’information stratégique. Les membres deviennent ainsi proactifs par rapport aux opportunités et menaces de leur environnement.

Autre possibilité : l’entreprise, faute de temps et de moyens en interne (humains, techniques) pour faire de l’intelligence économique, peut solliciter des experts du domaine, qui par leur esprit d’analyse, leur expérience, vont aider le chef d’entreprise à avoir une meilleure vision sur son environnement et sur les perspectives de développement de son marché et des marchés connexes, et ainsi lui permettre de mettre en place les actions les plus efficaces pour saisir au mieux les opportunités qui l’entourent.

Les PME peuvent d’ailleurs bénéficier d’aides publiques (exemple du dispositif PTR proposé par le RDT) lorsqu’elles font appel à un prestataire pour des actions ciblées d’intelligence économique dans le cadre d’un projet d’innovation.

Ali KARACOBAN

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